TERENCE HILL REALISE DON CAMILLO EN FAMILLE
Bonjour à tous,
Voici une interview paru dans le magazine italien Kolossal le 10 juillet 1984 pour la sortie du film Don Camillo.
" Je savais pertinemment que je prenais un risque", confie Terence Hill. " En réalisant "Don Camillo", je reprenais le flambeau d'une série de films à succès tournés entre 1952 et 1965 par le formidable duo Fernandel et Gino Cervi, m'exposant ainsi à une comparaison loin d'être facile. Je prenais donc avant tout un risque en tant qu'acteur. mais je risquais aussi une somme d'argent non négligeable, puisque j'étais producteur. Et comme si cela ne suffisait pas, je faisais également mes débuts à la réalisation. Bref, un sacré coup de poker ! Mais apparemment, j'ai gagné." Le public a adoré "Don Camillo" et les critiques ne m'ont pas malmené...
Qu'est-ce qui vous a poussé à la réalisation ?
Le désir de me lancer un défi, de faire quelque chose de nouveau. Avec plus de cinquante films à mon actif, j'ai forcément appris quelque chose, vous ne croyez pas ? Je pense que chaque acteur, à un moment ou un autre de sa carrière, ressent le besoin de passer derrière la caméra. Certains n'en ont pas l'occasion, d'autres n'osent pas. je me suis retrouvé en position de réaliser un film, ce que j'ai fait avec beaucoup d'enthousiasme.
Est-il plus facile d'être acteur ou réalisateur ?
Le plus difficile, c'est peut-être de faire les deux en même temps. Personnellement, j'ai parfois eu un peu de mal à me diriger moi-même. J'étais plus critique, plus sévère envers moi-même qu'envers les autres acteurs.
" Don Camillo" marque-t-il un tournant dans votre carrière ? Allez-vous continuer à réaliser ?
Je réaliserai d'autres films, je pense. Mais je resterai avant tout acteur. Du moins tant que le public le souhaitera. Ensuite... je pourrais toujours repasser derrière la caméra ou me consacrer à la production.
Vous avez quarante-quatre ans. Et vous avez l'air d'un jeune homme...
Je n'ai pas vendu mon âme au diable. Je n'ai pas eu recours à la chirurgie esthétique. je mène simplement une vie saine. je passe mon temps entre la maison, le travail et le sport.
Comment vous sentiez-vous dans la robe de Don Camillo ?
Parfaitement à l'aise. Disons simplement que c'est Don Camillo lui-même qui m'a un peu aidé... Mon personnage est différent de celui interprété par Fernandel à son époque. Don Camillo est devenu plus contemporain. Par exemple, au lieu d'un vélo, il utilise une moto et il sait aussi faire du roller. Un prêtre moderne, en somme. Un prêtre sprinter.
Don Camillo et Peppone : Fernandel et Gino Cervi... Dans votre film, le rôle du maire rouge était joué par Colin Blakely, un acteur irlandais...
Les irlandais sont des gens passionnés et énergiques, tout comme nos émiliens. Je trouve que Colin était très convaincant dans son rôle.
Producteur, réalisateur, acteur : dans "Don Camillo", vous avez tout fait. Mais votre famille vous a aidé aussi, non ?
Ma femme, Lori, a écrit le scénario. Ross, l'un de mes deux fils, interprétait le rôle de Magrino, un enfant à problèmes. C'est agréable de travailler en famille, n'est-ce pas ?
Ross a neuf ans. Jess, son autre fils, a treize ans. Envisagent-ils de devenir acteurs eux aussi ?
Pour l'instant, pour Ross, jouer la comédie est un jeu, une parenthèse. Mais si un jour lui et Jess veulent suivre mes traces... Eh bien, l'avenir leur appartient. Je ne veux ni les forcer ni les freiner; ils doivent être libres de suivre leurs inclinations naturelles.
Vous avez également commencé à jouer très jeune, n'est-ce pas ?
Oui, j'ai fait mes débuts à l'écran il y a une trentaine d'années, dans un film réalisé par Dino Risi, "Vacanze col gangster". J'avais environ douze ans. Depuis, j'ai continué à travailler dans le monde du spectacle. J'utilisais toujours mon vrai nom, Mario Girotti... J'ai joué dans de nombreux films sous ce nom, beaucoup de comédies...mais aussi dans quelques films importants avec des réalisateurs tels que Pontecorvo, De Sica, Bolognini, et même "Le Guépard" de Luchino Visconti. Puis, lorsque les westerns spaghetti sont devenus à la mode, j'ai connu le succès avec la série de films centrés sur le personnage de Trinita, aux côtés de Bud Spencer. je suis devenu Terence Hill. un nom américain était pratique pour la distribution des films à l'étranger. J'ai donc pris le nom de ma femme, "Hill" et qui fait "yankee".
Vous aussi, depuis une dizaine d'années, vous êtes devenu "Yankee" par adoption.
Je vis aux Etats-Unis, dans le Massachusetts, à la campagne. Je n'ai pas pour autant tourné le dos à l'Italie. A tel point que j'ai voulu faire un film comme "Don Camillo", typiquement italien. Je reviens très souvent dans mon pays. Mais en partie pour des raisons professionnelles, en partie pour faire plaisir à ma femme qui est américaine, et en partie pour...changer d'air, j'ai préféré m'installer aux Etats-Unis.
Vous avez connu le succès avec Bud Spencer. Puis vos chemins se sont séparés.
Nous ne voulions pas lasser le public ni saturer le marché. C'est tout. Mais en moyenne, nous retravaillons ensemble tous les deux ans. Mon prochain film, par coïncidence, me verra de nouveau aux côtés de Bud. Lui et moi avons toutefois prouvé que nous savons nous débrouiller. Professionnellement, cela a été une grande satisfaction.
Quelle qualité reconnaissez-vous ?
Peut-être celle d'être un mari fidèle et un bon père. Vu le rythme de l'époque, c'est beaucoup, vous ne trouvez pas ?
Et les défauts ?
Je suis un glouton...de glace, pour être précis. Mais un petit écart de conduite, ça se pardonne, non ? Don Camillo m'absoudrait, je pense...
Commentaires
Enregistrer un commentaire